La grande parenthèse de Simon Hureau

Une belle réflexion sur le « confinement », imaginé en dehors de tout contexte pandémique. Cette BD rejoue l’expérience de l’isolement, mais sans la tristesse liée à la maladie. La cause ? Une accumulation incessante de feuilles mortes qui paralyse le travail et déconnecte les écrans. Cette situation inédite offre aux personnages l’opportunité de vivre autrement : plus simplement, à l’écoute de la nature et en renouant avec le travail artisanal. Ce retour aux sources prend la forme d’une parenthèse qui nous interroge profondément sur notre mode de vie actuel.

Si la crise du Covid n’avait été qu’une affaire de feuilles mortes, nous aurions évité les deuils et la peur de l’autre. Peut-être même que cet épisode se serait terminé par des changements sociétaux plus profonds qu’une simple démocratisation du télétravail… Dans cette œuvre, tout comme dans la réalité, il ne s’agit que d’une parenthèse. Mais une parenthèse salvatrice, qui a fait du bien à tout le monde. Dès lors, pourquoi retourner à notre course contre la montre et à nos écrans ? Une très belle BD, un brin nostalgique, qui célèbre les aspects positifs du confinement en gommant tous ses inconvénients.

Patty télépathe tome 1 : on ne peux rien lui cacher de Lewis Trondheim

« Être télépathe, c’est un super-pouvoir ? Oui et non… Quand on sait le nombre de pensées idiotes et saugrenues qui nous passent par la tête, le fait que quelqu’un puisse les lire ne doit pas lui donner l’impression d’être un super-héros. Donc voilà, Patty se rend compte qu’elle est télépathe depuis peu, et le plus troublant, c’est la relation qu’elle a avec ses parents. Le vrai super-pouvoir, c’est de savoir manipuler sa prof suivant ce qu’elle pense… et puis de croiser des génies scientifiques qui oublient leurs formules… Mais tiens… Est-ce qu’il n’avait pas créé une machine à télépathie, lui ? Qu’il croyait défectueuse, mais peut-être pas tant que ça ?

Connaissant l’humour de Trondheim, je savais que j’allais apprécier ce genre de BD, et surtout sa façon de réussir à nous faire comprendre qu’être télépathe, ce n’est pas toujours un cadeau. D’ailleurs, j’avais d’abord pris ce livre pour ma fille sans même remarquer qui en était l’auteur. Elle m’a dit que ça lui plaisait et qu’elle attendait la suite. Maintenant, je me dis que je lui ferais bien lire d’autres Trondheim, Les Cosmonautes du futur par exemple, qui se passe aussi dans une cour de récréation au départ… et puis, et puis…

Oui, j’aime beaucoup l’humour de Trondheim, et je me souviens qu’il a été particulièrement difficile pour moi de me mettre à lire mon premier album de cet auteur parce que ses dessins, à l’inverse, ne m’avaient jamais attirée. Il a fallu qu’on me force un peu la main… Mais après Lapinot, Donjon et Les Cosmonautes, j’ai vite compris que le dessin ne faisait pas tout et que le scénario était super important. Pourtant je le sais… je choisis toujours plus une BD, de prime abord, pour son côté esthétique que pour son histoire, et j’ai déjà été bien déçue. Mais c’est la même chose pour les romans : j’ai du mal à m’embarquer dans un Gallimard beige avec des lignes rouges s’il n’a pas une petite jaquette… J’ai pourtant dû en louper, des livres, à cause de ça… »

La fée carabine de Daniel Pennac

Ah, du Pennac ! Combien de fois ne m’a-t-on pas dit de lire ce Pennac ? Eh bien, je ne l’ai pas lu, mais quel bonheur de se le faire lire par l’auteur lui-même ! Et oui, j’ai acheté plusieurs Pennac en livre audio pour la bibliothèque. Par contre, je me suis trompée : j’ai commencé par La Fée Carabine en pensant que c’était le premier au sujet de la tribu Malaussène. Probablement parce que c’est celui dont j’ai le plus souvent entendu parler.

Est-ce que c’est bien quand c’est l’auteur qui lit et pas un acteur ? Eh bien, ça dépend. J’ai tenté La Disparition de Josef Mengele en audio lu par l’auteur et j’ai abandonné tout de suite… Non, sa voix à lui, ça n’allait pas du tout.

La voix de Pennac dans La Fée Carabine, c’est différent : elle est agaçante et pourtant je n’ai pu que l’adorer. Elle collait parfaitement à l’histoire ; sans cette voix, pas sûr que j’aurais autant apprécié le livre. Parle-t-il toujours comme ça, Pennac ? Aucune idée, il faudrait que je l’écoute ailleurs. Bref, quelle découverte ! Quels rebondissements, quel attendrissement et que d’humour bien placé. Quand je pense que ce livre a été écrit il y a 40 ans ! Une pensée pour la veuve Hô, probablement mon personnage préféré.

Bref, je recommande en livre papier, mais surtout en livre audio : laissez-vous emporter par la voix de Pennac !

« Miniaturiste » Série de John Brownlow adapté du Roman de Jessie Burton

Disponible sur Auvio. Une histoire originale sur les secrets de famille. Au fur et à mesure que la série avançait, je me suis rendue compte qu’il s’agissait d’un livre que nous avons à la bibliothèque ; j’avais d’ailleurs voulu le lire après en avoir parcouru la quatrième de couverture, sans jamais franchir le pas.

L’ambiance est empreinte de fantastique : on s’en approche sans jamais y basculer totalement. J’aime beaucoup ce procédé, tant dans les livres que dans les films, où le réel prend des airs surnaturels. J’ai adoré l’esthétique de l’œuvre : les images et les costumes semblent tout droit sortis d’un tableau de maître flamand. Cela tombe bien, puisque l’intrigue se déroule à Amsterdam, au XVIIe siècle.

C’est l’histoire d’une jeune fille dont les parents ont arrangé le mariage avec un homme distant, mais foncièrement bon, ce qui sème le doute dans l’esprit de la jeune femme. Pour cadeau de mariage, celui-ci lui offre une maison de poupée, réplique exacte de leur demeure. Un peu désoeuvrée, elle décide de s’occuper en la meublant. Cependant, dès la première commande, elle reçoit des objets non sollicités qui appartiennent pourtant bel et bien à l’histoire de la maison. Intriguée, elle cherche alors à comprendre comment le miniaturiste peut connaître des secrets que si peu de gens partagent.

Petite note personnelle : j’ai cru voir ma chienne, Tuica, dans le rôle de Rezeki ! On trouve souvent des chiens qui lui ressemblent dans les films historiques : un style griffon, un peu « pouilleux » mais tellement adorable.

Pour toujours et au moins jusqu’à demain

Texte écrit au alentour de 2020 au début d’une relation ou on ne se cache pas qu’on n’y croit plus vraiment ayant chacun vécu des séparations… Ne croyant plus vraiment à l’amour toujours … mais pourquoi ne pas encore essayer et on verra jusqu’où ça nous mène… 6 ans après je peux dire que la relations telle qu’elle était a bien bifurqué mais au moins on s’entend toujours très bien… l’amitié et l’appréciation de l’autre est toujours là. Mais vivre ensemble… non plus possible de toute façon je pense bien que vivre en couple ne fait pas partie de mes possibilités…. trop gémelle pour vivre ça !

Maintenant je t’aime

et après advienne que pourra

Maintenant je t’aime

comme c’est pas permis tu vois

et demain, demain on verra

mais crois le ou pas

maintenant je t’aime

pas comme n’importe qui

pas n’importe comment

même si on se connaît presque pas

Je t’aime dans le vide et dans les airs

même si demain j’oublie

même si demain je me perds

sois sûr qu’aujourd’hui je t’aime pour toujours

même si demain c’est plus pareil

si j’ai l’esprit en pagaille

reste l’enfant qui court dans le vent

t’inquiètes pas de demain

joue avec moi et peut-être

peut-être que ça durera

je veux plus être adulte dans cette vie

je veux pas de futur

je veux juste aujourd’hui

Avec toi pour toujours

et au moins jusqu’à demain

Avec toi pour toujours

et à jamais

qui sait

je sais pas

pas de promesse

en l’air

mais je t’aime pour toujours

et au moins jusqu’à demain …

L’horloge à l’envers : Le diable noir de Anne Pouget

Très bon livre pour pré-ado avec un thème original : Les mouches? Les morts? Les injustices? Un peu tout ça. Mais superbement mené. Une enquête au moyen-âge où on apprend les techniques des experts qui s’aident des mouches pour résoudre un crime. Les personnages sont attachants et leurs pensées sont plutôt fort intéressantes, le ton est léger et amusant grâce à l’apprenti un peu naïf et à la sagesse du diable noir. Le livre se laisse dévorer très facilement ! à recommander vivement !

Spider de Bec Daoust & Rafaelle

En général Bec c’est du bon scénar… mais là j’ai un peu du mal peut-être que les histoires de mutants, de dystopie avec des genres zombies et autres humains décadents ça commence à m’énerver d’ailleurs la série « Green class » n’est pas bien passée non plus même si je préfère les mutants qui s’y trouvent qui ont l’air plus d’appartenir au monde sauvage qu’à la sauvagerie… Bon ici c’est une drogue dégénératrice activée par l’absorption d’une araignée vivante et qui rend tout de suite addict (heureusement parce que bon bouffer des araignées c’est pas comme manger un toast au saumon). Moi qui avait déjà l’estomac retourné quand mon brave Faro attrapait une araignée et la bouffait toute crue (même si j’adorais le fait d’avoir un chat chasseur d’araignée) l’idée d’avoir ces 8 pattes qui bougent encore et ce petit corps à 8 yeux dans ma bouche me révulse… mais bon passons.

Le dessins est plutôt pas mal mais les personnages bizarres le mec un peu trop caricatural dans sa façon d’être… après est-ce que les mecs ne sont pas souvent caricaturaux en vrai? Et le chef de police … un pourri…

Bref non pas vraiment séduite même après deux tomes je n’ai pas vraiment envie de connaître la suite… on verra si les lecteurs eux en veulent plus…

Un monde de sorcières

Scrambledspirit à déménagé dans un village de sorcières et depuis c’est la folie, elle voit des sorcières partout ! Elle accumule les livres qui parlent de sorcières, elle se renseigne sur tout ce qui les touche de près ou de loin et elle vous donne un compte rendu de ses découvertes sur son blog prévu à cet effet …

ScramSorch une nouvelle direction et un hommage à ces femmes qui savaient se débrouiller seules et connaissaient tant de choses ! Histoires, contes, folklore, ce qu’il faut de féminisme (je ne suis pas une extrémiste), auto-suffisance, herboristerie, Guérisseuses, art, chamanisme, Celtes, croyances païennes, connaissance de la nature, lectures qui m’y font penser et encore tant de sujets liés de près ou de loin à ces formidables femmes ! Et sans doute aussi bientôt quelques textes de moi toujours lié au sujet…

N’hésitez pas à entrer dans mon nouvel Antre ! Et découvrez avec moi et en même temps que moi le monde des sorcières.

Bartelby, le scribe De José-Luis Munuera d’après la nouvelle de Herman Melville

Quelle histoire intrigante… et en même temps énervante… Ok je n’ai pas lu la nouvelle de Melville et donc je ne peux pas faire la critique de l’adaptation. J’ai toujours adoré les dessins de Munuera (surtout les personnages) et c’est un peu pour cela que la BD s’est retrouvé dans la liste d’acquisitions.

Pas simple de comprendre ou veut en venir Melville. Mais ce personnage qui « ne préfèrerait pas » donne envie d’essayer et de voir la réaction des gens à ce genre de réponse. La résistance passive mais absolue de cet homme est intrigante. Mais pourquoi ne pourrait-on pas en savoir plus sur lui…pour qu’il reste une énigme?… ah je n’aime pas trop ça les énigmes non résolues.

La BD donne envie d’en savoir plus et on se risquerait bien à lire la nouvelle pour cela mais je sais déjà que lire la nouvelle ne m’aidera pas à comprendre ce monsieur Bartelby. Ni son employeur d’ailleurs.

Par contre le sous-titre « une histoire de Wall Street » m’a induit en erreur car je pensais au départ que l’histoire raconterait les débuts de l’histoire de cette fameuse rue alors qu’il n’en est rien.

Au delà des étoiles : la naissance d’un crew

J’imagine que cette BD va plaire à certains ados, le thème du hip hop et du break dance va certainement les titiller. Pour moi c’est trop ado malheureusement. Les parades pour plaire, la naïveté des personnages… je crois que je suis trop vieille pour ça. Mais comme je le dis en général dans ce cas là « Je ne suis pas la public cible » donc je ne dirais pas que c’est une mauvaise BD. Les dessins attirent le regard. J’aime bien les flash back de l’arrivée de tous les protagonistes dans le quartier de l’étoile. Par contre le nom du crew est pas très original mais soit. Une sympathique histoire d’ados qui mélange les classes et où il ne fera pas toujours rose apparemment. Mais on passe de problèmes futiles comme celui de plaire (oui non ce n’est pas toujours futile pour ceux qui vivent ces moments mais bon) à des problèmes de gang où les armes à feu ne sont pas loin… (après dans la vie aussi c’est parfois et même souvent comme ça, les moments futiles succèdent à des moments douloureux ou sérieux) difficile de savoir ce que ça va vraiment donner dans les prochains tomes.